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Prévenir l’expansion des cellules cancéreuses

L’équipe de Tatiana Petrova, professeure associée au Département d’oncologie UNIL-CHUV et à la branche lausannoise du Ludwig Institute for Cancer Research (LICR), a mis en lumière un nouveau processus impliqué dans le contrôle du développement de métastases. Ses travaux sont à découvrir dans l’édition du 29 janvier 2019 de la revue «Cell Reports».

 

L’angiogenèse, autrement dit le processus de formation de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux préexistants, est essentielle à la croissance des organes. Ce processus peut toutefois devenir pathologique: anormalement activé, il joue notamment un rôle central dans la formation de tumeurs malignes (tumorigenèse) et le développement de métastases.


Les vaisseaux tumoraux non seulement assistent l’expansion du cancer localement, mais véhiculent par ailleurs des cellules tumorales vers d’autres organes. Des cellules cancéreuses métastatiques peuvent s’extraire des vaisseaux sanguins à différents endroits, puis rester en dormance pendant des années ou continuer à se développer, formant ainsi des macrométastases. La croissance de métastases cancéreuses est l’une des principales causes de mortalité liée au cancer.

 

Entre dormance et prolifération des cellules métastatiques


L’équipe de Tatiana Petrova au Département d’oncologie UNIL-CHUV et au LICR a étudié les mécanismes par lesquels les cellules endothéliales qui tapissent les vaisseaux sanguins influent sur la décision des cellules métastatiques de rester quiescentes ou de proliférer. «Nous avons découvert que la calcineurine, une enzyme (phosphatase) dépendante du calcium, contrôle la production d’un puissant inhibiteur de la prolifération des cellules cancéreuses, la protéine nommée BMP2. Lorsque la calcineurine est activée, la sécrétion de BMP2 par les cellules endothéliales empêche la croissance de métastases dans un modèle murin de mélanome métastatique», détaille Stefanie Hendrikx, première auteure de l’étude publiée dans Cell Reports. «En revanche, l’inactivation de la calcineurine spécifiquement dans les vaisseaux sanguins réduit la production de BMP2 et stimule la croissance métastatique».

Les inhibiteurs pharmacologiques de la calcineurine sont notamment utilisés pour prévenir le phénomène de rejet en cas de greffe d’organe. Or on sait que les patients greffés ont un risque plus élevé de développer de nombreux cancers, lesquels sont souvent plus agressifs. «Nos travaux révèlent un nouveau mécanisme de communication entre les cellules endothéliales et cancéreuses au sein des métastases. Ils indiquent aussi que la diminution d’activité de la calcineurine dans les vaisseaux sanguins contribue aux effets secondaires néfastes des inhibiteurs de la calcineurine», commente Tatiana Petrova, qui a dirigé l’étude.

Une approche thérapeutique potentielle


Ces résultats laissent entrevoir qu’une administration de BMP2 aux cellules de mélanome pourrait être envisagée comme une piste thérapeutique potentielle pour prévenir l’expansion des cellules cancéreuses. «Pour notre part, la prochaine étape consistera à évaluer si le mécanisme mis en évidence dans nos travaux contribue à la dormance métastatique dans d’autres types de cancer. Nous prévoyons en outre d’étudier le rôle de cette voie de signalisation dans les vaisseaux lymphatiques, qui jouent également un rôle important dans la dissémination métastatique», conclut la professeure.

 

 

Sources d’actualité et de rapports : Centre Hospitalier Universitaire Vaudois -CHUV